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Maïmounata Aouba dirige la Fédération NUNUNA, qui rassemble 5 000 productrices de karité biologique et équitable dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. Invitée en France en mai à l’occasion de la Quinzaine française du Commerce Équitable, elle a porté deux messages principaux : le commerce équitable a contribué à changer la vie des femmes productrices de karité, et les logiques de commerce équitable et d’agriculture biologique se renforcent mutuellement. 

Économiquement, qu’est-ce que le commerce équitable a changé pour les productrices membres de NUNUNA ?

MA : D’abord, au niveau des prix : le prix payé par nos acheteurs pour du beurre de karité bio et équitable est au moins égal à deux fois le prix du karité "conventionnel", sans aucune certification.

Ensuite, le commerce équitable apporte une sécurisation des revenus et des emplois. En plus des 5000 collectrices et productrices membres de notre fédération, nous avons 23 employés qui travaillent à la gestion administrative et à la transformation du beurre.

Enfin, les partenariats de commerce équitable ont permis de mécaniser certaines étapes de la production pour diminuer la pénibilité du travail de fabrication du beurre de karité par les femmes. Il faut dire que l’étape du barattage est particulièrement fatigante lorsque l’on travaille de façon manuelle. Quand on parle de durabilité de la ressource, il faut aussi parler de durabilité des personnes qui travaillent autour de cette ressource !

Qu’est-ce que cela change concrètement dans la vie des femmes productrices ?

MA : Pour les productrices elles-mêmes, le supplément de revenus permet d’obtenir des équipements comme le téléphone portable, ou la moto pour se déplacer.

Mais surtout, le commerce équitable leur donne la possibilité d’apprendre à lire et à écrire, ce qui est un enjeu crucial au Burkina Faso où les femmes sont majoritairement analphabètes. Cela les pénalise pour développer leurs activités économiques, accéder aux ressources et au système bancaire, ou pour participer à la gouvernance des coopératives agricoles. La Fédération NUNUNA propose des cours d’alphabétisation à ses membres grâce à la prime de développement du commerce équitable : déjà 500 femmes en ont bénéficié !

Il y a aussi des effets positifs pour les familles des productrices. Les femmes participent davantage aux ressources financières de leurs familles et ont ainsi plus de poids dans les décisions concernant les dépenses du ménage. Cela favorise la scolarisation des enfants et augmente le recours à des soins de santé payants auprès des dispensaires de la région plutôt que l’automédication.

La Fédération NUNUNA propose également à ses membres des « Mutuelles de Solidarité » (MUSO) qui permettent aux femmes d’avoir accès à des microcrédits et à des prestations d’assurance en cas de décès, maladie, naissance d’un nouvel enfant, etc.

Et sur le plan écologique ?

MA : L’une des grandes problématiques de la filière karité, c’est la pression très forte qui pèse sur les arbres à karité. Ces arbres se situent majoritairement sur des terres forestières qui appartiennent aux collectivités locales. Différents acteurs exploitent ces terres avec des intérêts et des usages divergents : récolte des noix de karité, abattage des arbres pour produire du bois de chauffe ou pour créer des pâturages… La Fédération NUNUNA travaille pour sécuriser des parcs à karité en les délimitant et en mettant en place des conventions d’exploitation, élaborées avec toutes les parties prenantes : autorités communales, autorités coutumières, gestionnaires des chantiers d’aménagement forestiers, productrices de karité, éleveurs, populations villageoises... Le but est que les productrices puissent sécuriser leur accès à la ressource tout en l’exploitant durablement.

Un autre impact écologique important de la transformation du karité, c’est la consommation de bois nécessaire à la cuisson du beurre. Dans une logique d’économie circulaire, la Fédération NUNUNA récupère les résidus issus du barattage comme source d’énergie pour cuire le beurre de karité, réduisant ainsi sa consommation de bois de chauffe tout en facilitant une gestion des déchets de production souvent polluants.

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